14 juillet 2010

Skateboard * Dugong* Mysticisme * Analyse poussée du concept de "s'en branler" *

Les mecs qui ont inventé le skateboard sont des génies. Et je ne dis pas ça pour plaisanter: ces types ont réussi à trouver un truc qui pouvait occuper toute une partie de la jeunesse amatrice de drogues douces quand celle ci se faisait désespérément chier chez elle. Ainsi elle peut désormais pratiquer un sport (parce que sans déconner ce truc est physique) tout en se défonçant gentiment, se pétant tous les os imaginables et se faisant plus ou moins courser par des rappeurs. Accessoirement les mecs écoutent aussi de la musique (ou en font quand ils sont trop défoncés pour continuer à rouler), ce qui a donné cette abomination de la nature qu'est le skatecore (si chaque genre musical devait posséder un équivalent animalier, le skatecore s'apparenterait à un mélange foireux entre le dugong et le blob). J'ai détesté les skateurs pendant une bonne partie de mon adolescence parce que je faisais du roller et que ,sans explication réelle, la séparation entre les deux clans était assez radicale bien qu'ils portaient les mêmes fringues et écoutent les mêmes groupes de merde (Deftones en tête, Slipknot ensuite: en somme deux trucs qui me les faisait considérer comme des connards bien que ces types fussent mes amis). Ensuite je les ai détesté à nouveau parce que je me rebellais contre mon adolescence. Et puis les mecs de Wavves ont débarqué, sur Fat Possum en plus, et comme un connard je n'y ai pas trop prété attention alors qu'il y avait là tout pour que j'aime ce groupe (ils ont plusieurs fois splité sur scène, une de leur chanson s'appelle "Weed Demon" et le son de leur premier album ressemblait à un tractopelle passait sur une carcasse de métal amplifiée). Je m'y suis mis un peu plus tard et j'ai ressorti ma planche de skate, attendant avidement le deuxième album en me pétant les oreilles (et en me niquant salement les genoux) sur "Beach Demon".

Wavves : King Of The Beach. Fat Possum (2010)


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Deux choses sont particulièrement frappantes en ce qui concerne cet album. La première est que le son est cent fois moins crade que sur le précédent, ce qui m'a tout d'abord déçu mais est tout de même plus reposant (en tout cas pour une majorité d'auditeur puisque je peux écouter du bruit blanc pendant quasiment une heure et y trouver un certain plaisir) . La seconde est bien entendu cette pochette en forme de mix improbable de patchwork péruvien, de conscience d'un autre univers, de mysticisme, de philosophie hippie, de plage californienne, de tacos (en tout cas c'est ce qu'elle m'inspire) et de mauvais goût. Pour résumer j'adore cette pochette. Et le disque en est le reflet assez éclatant. "When Will You Come" est par exemple une tentative de psyché hagard et précédé par "Linus Spacehead" dont le refrain , néanmoins très acrocheur, se situe à l'extrême limite du douteux. Tout l'album suit cette ligne de conduite, la voix tire parfois vers des accents  californiens (comprendre par là "skatepopcore", concept faisant froid dans le dos) mais les compos rattrapent l'ensemble, un peu comme un filet de sécurité pour les trapézistes qui se pétent la gueule.
Des trucs comme "Post Acid" à première vue simpliste se révelent être de très bonnes chansons pop (ce que le premier album tentait de cacher sous un son de motoculteur). Si on à l'impression que le truc part en couille c'est  simplement parce que c'est voulu et pensé ainsi (la musique est un business sans pitié que ne vous laisse aucune interprétation personelles) mais tout cela est très matrisé. Si les mecs s'en branlaient vraiment voila comment ils sonneraient: http://www.youtube.com/watch?v=sRYkIwGQkHs&feature=related . Et même si personne ne demande aux Wavves de faire de l'expé / noise / bruitiste / tradionaliste japonaise leur petit bordel est beaucoup plus organisé qu'on veut bien le penser (je ne dis pas qu'ils sont calculateurs, juste que ce sont des branleurs qui savent ce qu'ils font). Parce que les skateurs sont des gens comme les autres, avec des sentiments et malgré leur goût vestimentaire douteux et leur propension à se rouler sur le bitume on trouve des trucs franchement intérèssants et débordant largement du cadre "ha il fait beau, jsuis stone sur un skate et j'emmerde la société ainsi que mes parents". Comme quoi il y à de l'espoir pour tout le monde...

Wavves : Baseball Cards / Post Acid

Posté par Bealdo à 14:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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